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La France et l'énergie des étoiles

La France et l énergie des étoiles

Sébastien Balibar, Yves Pomeau et Jacques Treiner « Point de vue », Le Monde, 24 octobre 2004

La France a un très grand projet. D après notre premier Ministre, nous allons « domestiquer l énergie des étoiles ». Et pour ce faire, construire une très grande machine, qui s appelle ITER pour International thermonuclear experimental reactor. Afin d obtenir sa construction à Cadarache, en Provence, notre gouvernement vient de proposer que la participation de la France à ce projet international soit doublée, passant ainsi 457 à 914 millions d Euros . A cette somme il faut ajouter la contribution française via Euratom, et la France se prépare donc à prendre en charge le quart du coût total de construction tel qu il est estimé aujourd hui (5 milliards d euros), en attendant de participer au coût de son fonctionnement bien sûr (5 autres milliards d Euros ?). Cette très grande machine est-elle le signe d une très grande politique française en matière de recherche scientifique et technique ?


Il s agit en fait d un vieux projet : en 1985, Reagan et Gorbatchev voulaient sceller la détente des rapports est-ouest en se lançant, ensemble, dans un projet grandiose : ITER, qui signifie aussi le chemin en latin, constituait la continuation d une série de machines précédemment conçues pour étudier l utilisation de la fusion thermonucléaire pour produire de l énergie, JET en Angleterre, Torre Supra à Cadarache, TFTR à Princeton. La fusion thermonucléaire est à l oeuvre dans les étoiles, c est donc bien à cause d elle que le soleil brille. C est aussi la source d énergie des bombes H. Qu il y ait, de ce coté, de l énergie à exploiter n est donc pas une idée nouvelle. Pourquoi, dans ces conditions, n a-t-on pas déjà construit de centrales à fusion thermonucléaire qui nous chaufferaient aussi agréablement que le soleil ? A travers l information qui circule dans le public, on a parfois l impression que les négociations autour du site d ITER concernent un grand projet d ordre technologique et industriel. Nous sommes hélas loin d en être là. Une réacteur à fusion soulève trois types de problèmes, tous fondamentaux : la maîtrise des réactions de fusion proprement dites, la production des éléments devant fusionner, la tenue des matériaux des enceintes de confinement. ITER ne s intéressera qu à la première de ces questions, ce n est pas une machine conçue pour résoudre les deux autres, ce qui est pourtant préalable à toute mise en Suvre à l échelle industrielle.


Dans le soleil, des noyaux d hydrogène, autrement dit des protons, fusionnent pour former des noyaux d hélium. Mais ce cycle de réactions n est pas suffisamment efficace , elles sont trop lentes pour une utilisation industrielle. Le projet consiste donc à fusionner un mélange de deux sortes d hydrogène lourd, du deuterium (D) et du tritium (T). Chaque réaction de fusion D + T produit bien un noyau d hélium, qui est parfaitement inerte et stable, mais aussi un neutron dont l énergie est colossale, 14 MeV. Contrairement à ce que déclarait notre Premier Ministre le 17 novembre 2003 (« C est le projet [qui nous apportera] l énergie du futur quasi inépuisable et sans nuisance significative, grâce à l abondante ressource de l hydrogène contenu dans l eau. »), ce n est pas une source d énergie inépuisable (le tritium ne se trouvera pas dans l eau de mer), ni une source propre : elle produit des rayonnements dix fois plus énergétiques que tout ce qu on peut rencontrer même dans les centrales nucléaires à neutrons rapides actuelles. On ne connaît, à l heure actuelle, aucun matériau qui résiste à une telle irradiation. Or, pour produire de l énergie par fusion nucléaire, il faut enfermer dans des conditions d étanchéité absolue le mélange deutérium + tritium en train de fusionner. Sous l impact des neutrons hyperrapides, les atomes d un acier ordinaire cassent, produisant des bulles d hélium qui rendent le matériau poreux, donc impropre au confinement nécessaire. Avant d envisager la construction d une centrale à fusion thermonucléaire, il faut donc inventer un matériau qui résiste à ces flux de neutrons. Bien qu il soit prévu de construire en Allemagne une machine pour étudier ce problème, rien n indique à l heure actuelle qu on va lui trouver une solution. L un d entre nous (YP) soulignait déjà cela il y a presque dix ans. Il ne s agit pas d un simple problème technologique. Le fondamental et le technique, dans l exploitation d une voie nouvelle, sont intimement mêlés. La machine ITER n étudiera pas la tenue de ses matériaux sous irradiation forte et prolongée puisqu elle ne produira que quelques bouffées de neutrons vers la fin de son exploitation : elle ne fonctionnera pas en continu comme devrait le faire un réacteur produisant de l énergie.


Quant au combustible, la nature abonde en deutérium, mais pas en tritium, car il est instable (demi-vie de 12 ans). Jusqu à présent, on n a produit du tritium qu en petites quantités, ce qui était nécessaire pour la fabrication des bombes H. Un seul réacteur à fusion thermonucléaire d un Gigawatt devrait brûler 56 kg de tritium par an, beaucoup plus que la capacité de production totale des réacteurs actuels sur plusieurs décennies. Le projet se heurte donc à un deuxième problème, majeur et préalable, celui de la production massive de tritium. Il est question de le produire en continu, en utilisant les neutrons précités pour casser du lithium dans une sorte de couverture à l intérieur des réacteurs hypothétiques du futur. Mais la machine ITER ne prévoit pas d étudier cette production de tritium, ni a fortiori de résoudre les problèmes qu elle pose.


La machine ITER est en fait un grand instrument de recherche fondamentale, rien de plus, qui vise à étudier les gaz chauds ionisés dont la stabilité dans un énorme aimant en forme d anneau pose une troisième série de problèmes à résoudre. A ce titre, nous comprenons parfaitement que nos collègues, chercheurs en physique fondamentale des plasmas, soient favorables à ce projet, bien que nous ne soyons pas certains que le gigantisme d ITER soit nécessaire pour cela. Quoi qu il en soit, l intérêt scientifique ITER doit donc être comparé à celui d autres grands instruments de recherche, ce qui n a pas été fait, d ailleurs le Conseil des Très Grands Equipements n existe plus. Comparons donc quelques chiffres.


La France se prépare à investir environ 130 millions d euros par an pendant dix ans pour la construction d ITER, davantage si l on ne trouve pas tous les partenaires nécessaires pour remplacer les américains et les japonais qui semblent devoir être exclus, désormais, de la collaboration envisagée. Il faudra continuer ensuite avec des sommes du même ordre de grandeur pendant quelques décennies d exploitation. Une grande partie des frais de construction sera supportée par les contribuables de la région Provence-Alpes-Côte d Azur, le reste par l Etat français. 130 millions d Euros, c est le prix d un avion de combat, ce qui paraîtra peu à certains. Mais c est plus que l ensemble de la participation de la France au grand centre mondial de recherche qu est le CERN (100 millions d euros). C est aussi le double de l ensemble des moyens financiers de tous les laboratoires de physique ou de mathématiques qui sont associés au CNRS (57 millions d euros en 2003), ou de ceux du Département des Sciences de la vie (65 millions d euros). La France a déjà gaspillé 2 milliards de dollars pour une participation à la Station Spatiale Internationale que la communauté scientifique a jugée inutile, en particulier la communauté des astrophysiciens qui a bien senti le lourd impact que cet engagement a eu sur ses moyens de recherche. La France a aussi décidé récemment de dépenser 1,52 milliards d euros dans la construction du Laser Megajoule à Bordeaux, dont l intérêt n est vraiment justifié que par des considérations de défense. La perspective éventuelle d une utilisation de la fusion thermonucléaire à la production commerciale d énergie est peut-être intéressante mais n aboutira sûrement pas avant 50 ans. En attendant, la nécessaire évolution des centrales classiques vers une quatrième génération qui réutiliserait tous les déchets produits est une voie prometteuse qu il faut exploiter pour faire face aux problèmes énergétiques qui se posent aujourd hui. Investir des milliards d euros dans l incitation aux économies d énergie ou dans le développement du solaire thermique ou photovoltaique nous paraîtrait devoir également aboutir à une échelle de temps prévisible, ce qui n est pas le cas de la fusion nucléaire.


Si l on s accorde souvent à se plaindre de la lourdeur bureaucratique et des effets pervers du centralisme français sur la dynamique de la recherche, on pointe rarement du doigt un des effets les plus manifestes de ses défauts, la prime qui va à tout projet plus ou moins grandiose facile à identifier par les extérieurs à la science (dont les politiques) et à défendre par la structure bureaucratique. L exemple d ITER est tout à fait significatif à cet égard. La part bureaucratique et financière du projet est exposée avec force détails dans la grande presse qui n insiste guère , en revanche, sur les aspects scientifiques concrets et sur les grandes, énormes incertitudes qui pèsent encore sur la génération d énergie commerciale à partir de la fusion d atomes.


En résumé, si la communauté internationale a vraiment les moyens de se lancer dans la fusion thermonucléaire contrôlée, il nous semble que deux problèmes doivent être préalablement résolus, un problème de matériaux et un problème de production de tritium. Avant de construire le moteur révolutionnaire d une voiture de course, il vaut mieux s assurer qu on aura des pneus pour la faire rouler.

Sébastien Balibar, Directeur de recherches au CNRS, Ecole Normale Supérieure
Yves Pomeau, Directeur de recherches au CNRS, Ecole Normale Supérieure
Jacques Treiner, Professeur à l Université Pierre et Marie Curie (Paris)

Posted by Benoît Labit at 9:37 | Comments (0)


Des doutes scientifiques sur la fusion nucléaire



L'immense défi de la maîtrise de l'énergie des étoiles
Des doutes scientifiques sur la fusion nucléaire

Le Figaro
Cyrille Vanlerberghe
[10 novembre 2004]

Malgré l'optimisme affiché par le gouvernement français, de nombreux doutes planent sur la réussite d'Iter. Ce grand projet de réacteur de fusion sera-t-il vraiment capable de maîtriser l'«énergie des étoiles» avec l'objectif de fournir une électricité peu polluante et en quantité presque illimitée durant le XXIe siècle ? Pour les écologistes, Iter n'est évidemment qu'un nouveau grand programme nucléaire, producteur de déchets radioactifs, qui viendra bloquer des crédits qui pourraient être investis dans des énergies renouvelables.


En fait, les critiques les plus sévères et les plus justes que doit affronter le projet viennent tout droit de la communauté des physiciens. En France, comme au Japon d'ailleurs, les chercheurs s'interrogent d'abord sur le coût du projet qui en fait le plus lourd programme de recherche jamais lancé, à part la Station spatiale internationale (ISS). Les dépenses élevées et soutenues consacrées à Iter grèveront sans doute les budgets d'équipement de la majorité des chercheurs non concernés par la physique des plasmas nécessaire pour maîtriser les réactions de fusion.


En outre, de nombreux scientifiques doutent aujourd'hui de la faisabilité technique et scientifique de l'entreprise. Faire fusionner des noyaux lourds d'hydrogène (du deutérium (D) et du tritium (T)) est un défi extraordinaire. Il faut à la fois porter le mélange à des températures atteignant 100 millions de degrés et réussir à maintenir les réactions de fusion pendant des longues durées, en espérant à l'avenir un fonctionnement en continu. Le principal souci expérimental vient du fait qu'aucun matériau ne peut résister à d'aussi hautes températures. La solution retenue par Iter consiste à confiner D et T dans un grand anneau à l'aide de puissants champs magnétiques produits par des bobines supraconductrices. La taille gigantesque de la machine est contrainte par la nécessité d'atteindre des conditions de températures et de pression suffisantes pour obtenir l'allumage de la fusion.


Même si Iter atteint tous ses objectifs, ce qui paraît tout de même possible au vu de l'acquis obtenu grâce aux machines précédentes, comme le JET à Culham en Grande-Bretagne et Tore Supra à Cadarache en France, il ne s'agit que d'un réacteur de recherche, pas d'un prototype industriel. Trois physiciens français, Sébastien Balibar, Yves Pomeau et Jacques Treiner, faisaient remarquer dans une tribune (Le Monde, 25 octobre 2004) que le fonctionnement du réacteur produirait un flux intense de neutrons très énergétiques (14 MeV, ou millions d'électron volt) auquel aucun matériau connu aujourd'hui ne peut résister. D'autre part, si le deutérium se trouve en abondance sur Terre, dans l'eau de mer par exemple, il n'existe aucune source naturelle de tritium, un matériau radioactif instable dont la quantité est divisée par deux tous les douze ans. La production de quantité suffisante de tritium devrait en théorie être faite grâce aux neutrons émis par le réacteur de fusion, mais cet aspect de la recherche est absent du programme Iter.

Posted by Benoît Labit at 9:31 | Comments (0)


Bruxelles refuse de parler d'échec sur le réacteur Iter



Bruxelles refuse de parler d'échec sur le réacteur Iter


Tue November 9, 2004 9:06 PM CET

BRUXELLES/VIENNE (Reuters) - Les négociateurs des six parties intéressées à la construction du premier réacteur de fusion thermonucléaire (Iter) se sont séparés mardi sans accord final sur sa localisation, mais l'Union européenne estime que Cadarache (France) finira par emporter la mise.

L'Union européenne, les Etats-Unis, la Corée du Sud, le Japon, la Russie et la Chine n'ont pas réussi lors de leurs pourparlers de Vienne à départager le site proposé dans le sud de la France, de Rokkasho, un village de pêcheurs japonais.

Malgré ce revers qu'elle espérait éviter - une source européenne avait déclaré lundi que le Japon avait renoncé à sa candidature en échange de compensations -, la Commission européenne reste extrêmement optimiste pour l'avenir.

"Il n'y a pas d'accord, mais il n'y a pas d'échec non plus", a déclaré à Bruxelles son porte-parole pour la Recherche, Fabio Fabbi. "Au contraire, on a bien travaillé, on a bien avancé".

Jusqu'ici, Cadarache était soutenue par l'UE, la Chine et la Russie, tandis que le Japon, les Etats-Unis et la Corée du Sud étaient favorables à la candidature du site de Rokkasho.

La Commission a mis sur la table une proposition dont elle refuse de dévoiler les détails, sauf qu'il prévoit l'implantation du réacteur capable de reproduire l'énergie du soleil à Cadarache, mais qui aurait ébranlé les positions.

"Les délégations se sont montrées assez positives", a ajouté Fabbi à l'issue de la réunion. "Les deux pays les moins enthousiastes pour l'hypothèse européenne, le Japon mais aussi les Etats-Unis, ne se sont pas montrés très chauds, mais ne se sont pas non plus fermement opposés".

Selon lui, la délégation japonaise a annoncé qu'elle ne "disposait pas d'un mandat de négociation pour prendre une décision sur la nouvelle proposition de la Commission" et qu'il lui fallait consulter les autorités à Tokyo, aucune date n'ayant pour l'instant été fixée pour la tenue d'une nouvelle réunion.

L'UE VEUT EVITER UN CAVALIER SEUL

De source diplomatique, on confirme que les Etats-Unis et la Corée du Sud ont maintenant adopté une position "neutre", l'élection présidentielle américaine ayant changé la donne.

Autre signe d'optimisme, l'Union européenne, qui a brandi la menace d'un cavalier seul si le site de Cadarache n'était pas choisi, a mis une sourdine sur ce point mardi soir.

"On n'en est pas là", a expliqué Fabbi. "On est toujours engagé dans le processus multilatéral."

En privé, les responsables européens se montrent tout aussi convaincus qu'une solution englobant les "Six" est possible.

"On semble vraiment être sur la bonne voie, même si on ne sait jamais avec les Japonais, comme on l'a vu lundi et mardi", a expliqué un familier du dossier. "Il ressort de la négociation qu'un accord à Six est possible sans être certain".

Les prochaines échéances sont la réunion de la Commission, le 16 novembre, et celle des ministres de la Compétitivité de l'Union européenne réunis les 25 et 26 novembre à Bruxelles.

En cas de blocage persistant avec le Japon, l'Union européenne pourrait décider d'aller de l'avant avec le maximum de partenaires qui veulent participer au projet.

Iter représente un coût de 10 milliards de dollars sur 30 ans, un des projets les plus ambitieux dans le domaine de l'énergie au moment le baril de pétrole atteint des sommets.

Les autorités françaises ont proposé d'augmenter leur part dans le coût de la construction du réacteur du futur, qui est estimé à 4,77 milliards d'euros sur 10 ans, cinq autres milliards étant ensuite nécessaires pour son fonctionnement.

Paris a suggéré de doubler sa part dans la construction, à 20%, soit 914 millions d'euros, l'UE prenant en charge 40%, tandis que la Chine et la Russie financeraient chacun 10%.

Le solde, soit 20%, serait financé par des économies et des contributions volontaires des pays européens ou associés, comme l'Inde ou le Brésil, qui souhaitent prendre part au projet.

Posted by Benoît Labit at 9:22 | Comments (0)


Pas d'accord à Vienne sur la localisation du réacteur Iter



Pas d'accord à Vienne sur la localisation du réacteur Iter


Tue November 9, 2004 6:51 PM CET

VIENNE (Reuters) - Les négociateurs de l'Union européenne, des Etats-Unis, de Corée du Sud, du Japon, de Russie et de Chine se sont séparés mardi sans être parvenus à un accord sur la localisation du réacteur de fusion thermonucléaire Iter, a-t-on appris de source diplomatique occidentale.

Les six pays, qui se sont réunis pendant deux jours à Vienne, siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), restent divisés entre Cadarache (France) et Rokkasho (Japon) pour la construction de ce réacteur.

"Les pourparlers à six se sont terminés sans accord sur le site", a déclaré un diplomate occidental.

Posted by Benoît Labit at 9:21 | Comments (0)



Un projet extrêmement coûteux et mégalo"

Un projet extrêmement coûteux et mégalo"

NOUVELOBS.COM | 09.11.04 | 15:46

Maryse Arditi est membre de la Commission énergie des Verts et docteur en physique nucléaire

Quels avantages, et quels inconvénients, est censé apporter Iter ?

- Ce n'est pas un réacteur classique de fission où l'idée est de casser des noyaux lourds pour libérer de l'énergie. Iter doit permettre de mettre au point la technologie de la fusion où l'on essaie de fusionner ensemble deux noyaux légers pour produire de l'énergie, et reproduire ce qu'il se passe dans le soleil. La différence entre fission et fusion, c'est la même différence qu'entre la bombe atomique et la bombe thermo-nucléaire.
Ce prototype a comme objectif de produire autant d'énergie qu'il en consomme.

A quelle échéance peut-on imaginer qu'il soit opérationnel, et quels pays seraient susceptibles de l'accueillir ? Pourquoi la France et le Japon se battent-ils pour l'avoir sur place ?

- Les plus optimistes pensent que dans 50 ans la technologie sera au point, mais on disait la même chose il y a déjà 50 ans.
C'est un projet extrêmement coûteux et mégalo. Il s'agit de faire une très grosse unité, qui relève du gigantisme.
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L'homme a maîtrisé la fission, celle des bombes atomiques, avec les réacteurs nucléaires classiques. Il veut maintenant maîtriser la fusion, technologie qu'il utilise avec l'arme thermo-nucléaire.
Mais la question est de savoir comment contrôler un phénomène aussi explosif.
La fusion demande énormément d'énergie pour être déclenchée et rapprocher deux noyaux chargés positivement.
Lors d'une fusion, la température atteint 6 millions de degrés. Aucun matériau ne supporte une telle température. Il faut donc utiliser de très puissants aimants pour repousser de tous les côtés cette fusion, et qu'elle se fasse au milieu d'un tube, sans en toucher les parois.
Longtemps on a présenté la fusion comme une énergie propre, mais finalement elle ne l'est pas beaucoup plus que le reste. Car si la fusion ne produit pas de déchets, les neutrons contaminent tout de même le tube et probablement d'autres éléments.
Iter n'est pas nécessaire. Si il n'y avait aucun autre moyen de produire de l'électricité, pourquoi pas, mais il existe beaucoup d'alternatives. Chaque année le soleil envoie sur Terre 5.000 fois toute la quantité d'énergie consommé par l'humanité chaque année.
Iter coûtera très cher au pays qui l'accueillera. La bataille entre le Japon et la France s'explique par les emplois qui seront créés sur place. C'est toujours une sorte de chantage à l'emploi. Mais les raisons sont aussi politiques. La France considère qu'elle a le leadership mondiale sur le nucléaire, et veut donc affirmer ce leadership.

Le nucléaire a-t-il besoin d'Iter ?

- Non, pas du tout. C'est comme l'EPR. Je ne crois pas à son utilité. Quand on sait qu'EDF exporte 15 à 17% de sa production on comprend bien son inutilité. Il est utile pour le monde du nucléaire, pour la Cogema, pour Areva, pour Framatome?
L'EPR est un réacteur un petit peu amélioré, mais dont nous n'avons pas besoin. En France on nous dit qu'il faut construire un prototype pour se faire la main et pourtant Framatome a vendu un exemplaire de l'EPR à la Finlande et je ne pense pas que Framatome ait vendu un prototype à la Finlande. En tout état de cause, Framatome se moque soit de la France, soit de la Finlande.
Enfin, par rapport à Super Phoenix, Iter est complètement différent. Iter n'utilise pas la même technologie que Super Ph?nix.
Lors d'une opération de fission, seulement 1% de l'uranium, l'uranium 235 se casse, produisant de l'énergie. Le reste de l'uranium, l'uranium 238 ne casse pas, mais se transforme en plutonium qui lui peut casser.
Super Ph?nix fonctionnait avec du plutonium et en produisait à partir d'uranium. Mais Super Ph?nix contenait 5.000 tonnes de sodium, un produit extrêmement inflammable et dangereux.
Tout ça, c'est une espèce de course au gigantisme, avec en toile de fond le problème de l'approvisionnement énergétique et du pouvoir qui est lié.

Propos recueillis par Benjamin Cherrière
(le mardi 9 novembre 2004)

Posted by Benoît Labit at 17:38 | Comments (0)


L'UE et le Japon négocient durement sur Iter



L'UE et le Japon négocient durement sur Iter
Tue November 9, 2004 10:58 AM CET

BRUXELLES (Reuters) - L'Union européenne espère toujours obtenir dès ce mardi une décision sur la construction du réacteur de fusion thermonucléaire à Cadarache, dans le sud de la France, mais le Japon continue à négocier durement, a-t-on appris de source européenne à Bruxelles.

Les négociateurs de l'Union européenne, des Etats-Unis, de Corée du Sud, du Japon, de Russie et de Chine ont repris mardi leurs travaux à Vienne, siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), pour tenter de trouver un accord sur le projet Iter, qui vise à reproduire l'énergie du soleil.

Un communiqué est attendu à 17H00 locales (16h00 heure française).

De source européenne, on soulignait lundi que le Japon, qui était jusqu'ici soutenu par la Corée du Nord et les Etats-Unis, était prêt à renoncer à la candidature de Rokkasho pour l'implantation du réacteur en échange de compensations.

Tokyo a démenti dans la nuit avoir fait pareille concession en faveur de Cadarache, dont la candidature est soutenue par les 25 pays de l'Union européenne, la Russie et la Chine.

"Il n'y a aucune vérité dans ces propos, il pourrait s'agir d'une sorte de bluff. Il n'y a aucun changement dans la politique japonaise", a déclaré à Reuters un responsable au ministère de la Science et de la Technologie.

Selon une source européenne, la messe n'est pas dite.

"Nous poussons et nous espérons toujours une solution positive, Iter à Cadarache, mais ce n'est pas donné", a déclaré ce responsable européen. "Les négociations sont en cours et sont très délicates. Il est difficile de percevoir les signaux qui viennent des autres délégations, et en particulier du Japon."

UNE POSITION TACTIQUE?

"Les négociations sont assez dures", a-t-il ajouté. "Aujourd'hui, on affiche plus de prudence que qu'optimisme. Les Japonais non seulement ne renoncent pas, mais tiennent bon."

De même source on soulignait qu'il pourrait s'agir d'une "tactique" pour obtenir le maximum de compensations.

Un diplomate occidental estimait en effet lui aussi lundi soir que le Japon avait abandonné ses espoirs d'accueillir Iter sur son sol, l'élection présidentielle américaine ayant changé la donne, et recherchait désormais de telles compensations.

Quelle que soit l'issue du débat, les Européens se sont en effet engagés à faire cavalier seul s'il le faut et à construire Iter à Cadarache avec les fonds de leurs alliés.

En cas de désaccord persistant avec le Japon, la décision sera prise par les ministres de la Compétitivité de l'Union européenne réunis les 25 et 26 novembre à Bruxelles.

Les négociations de Vienne ont pour but de vérifier si les pays comme le Japon peuvent se rallier à la construction d'Iter à Cadarache pour éviter une duplication coûteuse et inutile.

Iter représente un coût de 10 milliards de dollars sur 30 ans, un des projets les plus ambitieux dans le domaine de l'énergie au moment le baril de pétrole atteint des sommets.

Les autorités françaises ont proposé d'augmenter leur part dans le coût de la construction du réacteur du futur, qui est estimé à 4,77 milliards d'euros sur 10 ans, cinq autres milliards étant ensuite nécessaires pour son fonctionnement.

Paris a suggéré de doubler sa part dans la construction, à 20%, soit 914 millions d'euros, l'UE prenant en charge 40%, tandis que la Chine et la Russie financeraient chacun 10%.

Le solde, soit 20%, serait financé par des économies et des contributions volontaires des pays européens ou associés, comme l'Inde ou le Brésil, qui souhaitent prendre part au projet.

Posted by Benoît Labit at 11:22 | Comments (0)


Le Japon dément renoncer à sa candidature au projet Iter



Le Japon dément renoncer à sa candidature au projet Iter
Tue November 9, 2004 7:02 AM CET

TOKYO (Reuters) - Le Japon n'a pas renoncé à sa candidature pour l'implantation du réacteur expérimental international de fusion thermonucléaire (Iter), a déclaré un responsable gouvernemental japonais.

Une source européenne avait affirmé lundi que l'Union européenne était confiante d'obtenir dès mardi un accord pour la construction du réacteur à Cadarache, en France, le Japon devant renoncer à sa candidature en échange de compensations.

"Il n'y a aucune vérité dans ces propos, il pourrait s'agir d'une sorte de bluff. Il n'y a aucun changement dans la politique japonaise", a déclaré à Reuters un responsable au ministère de la Science et de la Technologie.

"Le gouvernement japonais va poursuivre ses efforts pour accueillir le projet".

Depuis plus d'un an, deux camps s'affrontent sur la localisation du réacteur d'un coût de 10 milliards de dollars sur 30 ans, un des projets les plus ambitieux dans le domaine de l'énergie au moment le baril de pétrole atteint des sommets.

Parmi les six parties intéressées à ce projet futuriste, l'Union européenne, la Chine et la Russie soutiennent le site français, tandis que la Corée du Sud, les Etats-Unis et le Japon, sont favorables à Rokkasho, au Japon.

Les négociateurs de l'Union européenne, des Etats-Unis, de Corée du Sud, du Japon, de Russie et de Chine ont entamé lundi une réunion à Vienne, siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique, pour tenter de trouver un accord.

Un responsable de l'AIEA a déclaré qu'un communiqué serait publié mardi à l'issue de la réunion des "Six", sans en dévoiler la teneur.

Posted by Benoît Labit at 9:30 | Comments (0)


Le réacteur de fusion thermonucléaire Iter ira à Cadarache



Le réacteur de fusion thermonucléaire Iter ira à Cadarache
Mon November 8, 2004 4:26 PM CET

par Yves Clarisse

BRUXELLES (Reuters) - Le réacteur de fusion thermonucléaire Iter sera construit à Cadarache, dans le sud de la France, le Japon ayant renoncé à sa candidature en échange de compensations, a-t-on appris lundi de source européenne.

Les négociateurs des six pays initialement intéressés à ce projet qui vise à reproduire l'énergie inépuisable du Soleil sont réunis lundi et mardi à Vienne et concluront un accord qui représente une grande victoire pour l'Union européenne.

"Cet accord prévoit Iter à Cadarache", a-t-on appris de source européenne chargée du dossier. "On prépare un paquet dans lequel les Japonais obtiendront quelque chose."

Officiellement, les Européens se montrent encore prudents.

"Nous sommes optimistes", a déclaré Fabio Fabbi, le porte-parole pour la Recherche à la Commission européenne. "Nous espérons un résultat positif, à savoir Iter à Cadarache."

Mais les experts européens du dossier sont définitifs et expliquent que les négociations sont sur le point d'aboutir dans le cadre de cette réunion qui se déroule dans les locaux de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA).

"Les experts des six partenaires se rencontrent en ce moment et vont finaliser un compromis mardi à Vienne", explique-t-on de source européenne en soulignant que les compensations pourraient porter sur le financement de projets de recherche au Japon.

Depuis plus d'un an, deux camps s'affrontaient sur la localisation du réacteur d'un coût de 10 milliards de dollars sur 30 ans, un des projets les plus ambitieux dans le domaine de l'énergie au moment le baril de pétrole atteint des sommets.

LA FRANCE METTRA PLUS D'ARGENT

Parmi les six parties initialement intéressées à ce projet futuriste, l'Union, la Chine et la Russie soutenaient Cadarache, près de Marseille, qui était rejeté par la Corée du Sud, les Etats-Unis et le Japon, favorables à Rokkasho, au Japon.

Le blocage risquait de persister si l'Union n'avait pas menacé de faire cavalier seul à l'instigation de la France, qui a incité ses partenaires à se ranger derrière elle pour forcer le Japon à jeter l'éponge dans la bataille du financement.

Les autorités françaises ont en effet augmenté leur part dans le coût de la construction du réacteur du futur, qui est estimé à 4,77 milliards d'euros sur 10 ans, cinq autres milliards étant ensuite nécessaires pour son fonctionnement.

Paris a suggéré de doubler sa part dans la construction, à 20%, soit 914 millions d'euros, l'UE prenant en charge 40%, tandis que la Chine et la Russie financeraient chacun 10%.

Le solde, soit 20%, serait financé par des économies et des contributions volontaires des pays européens ou associés, comme l'Inde ou le Brésil, qui souhaitent prendre part au projet.

Du côté européen, on estime aussi que le soutien de Washington au site japonais se justifiait plus pour des raisons politiques que scientifiques et que l'élection du 2 novembre dernier a constitué un tournant bénéfique pour l'UE.

La Commission européenne se réunit le 16 novembre pour évoquer les aspects techniques du dossier et les ministres de l'UE chargés de la Compétitivité en débattront le 26 novembre.

Si la décision de construire Iter à Cadarache est imminente, il reste en effet à élaborer un tour de table financer le fonctionnement ultérieur du réacteur.

Posted by Benoît Labit at 9:29 | Comments (0)



France likely to win battle with Japan over nuclear fusion site: minister

France likely to win battle with Japan over nuclear fusion site: minister


01 October 2004

France's minister for research on Thursday expressed optimism that his country would win the battle with Japan, the United States and South Korea for the siting of a high-tech nuclear fusion research project.

"Given the situation today, it's Cadarache," said Deputy Research Minister Francois d'Aubert, referring to the site proposed by France for the 10-billion-euro (12-billion-dollar) International Thermonuclear Experimental Reactor (ITER).

If a dispute with the United States, South Korea and Japan, which proposes the Japanese site of Rokkasho-mura, is not resolved before, the European Union is expected to decide on November 25 to start construction at Cadarache, in southeastern France.

"There can always be unexpected developments," said d'Aubert. "There is of course a political angle, and that could change things. But frankly... we are on the right track," he said, during a visit to Cadarache.

He added that whichever of the two countries did not get the potentially lucrative site could be compensated. "There can't be a loser for ITER," he said. "If Cadarache is chosen, there can be compensations for the site that was not chosen."

The EU has said it is keen to go on working within the international ITER framework, which also embraces China, Japan, Russia, South Korea and the United States.

The United States and South Korea support the Japanese site, while China and Russia have backed the EU bid for the reactor to be sited at Cadarache.

The project aims to build the world's first working prototype reactor for nuclear fusion, which is billed as a clean, safe, inexhaustible energy source for the future.

Wrangling over the decision is expected to focus on a meeting of the six ITER partners in Vienna in mid-October, hosted by the International Atomic Energy Agency.
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Posted by Benoît Labit at 10:38 | Comments (0)



Iter: "Vu la situation aujourd'hui, c'est Cadarache"

Iter: "Vu la situation aujourd'hui, c'est Cadarache" (François d'Aubert)


CADARACHE (BouchesduRhône), 30 sept 2004 (AFP)

Le ministre délégué à la Recherche François d'Aubert a estimé jeudi que "vu la situation aujourd'hui", le site de Cadarache sera retenu pour accueillir le projet de réacteur de fusion nucléaire Iter, dont la localisation est bloquée par un désaccord international. "Vu la situation aujourd'hui, c'est Cadarache", a déclaré le ministre devant quelques journalistes, lors d'une visite sur le site français. Une décision sur le lancement d'Iter à Cadarache doit être prise le 25 novembre lors d'un Conseil des ministres européens chargé des questions de compétitivité. "Il peut toujours y avoir de l'imprévu (...), il y a certes un peu de politique, et c'est l'aspect politique qui peut modifier les choses. Mais franchement (...) on est sur la bonne voie. Il y a la ligne droite, et je ne dis pas qu'on voit la ligne d'arrivée, mais enfin elle n'est quand même pas loin", a ajouté le ministre. Le projet est bloqué depuis des mois par un désaccord sur le choix de sa localisation, soit en France (solution soutenue par l'UE, la Chine, la Russie) soit au Japon (soutien des Etats-Unis, du Japon et de la Corée du Sud). "Il ne peut pas y avoir de perdant pour Iter. Si le site de Cadarache est choisi, il peut y avoir des compensations pour le site qui n'a pas été retenu", a indiqué le ministre. "Le jour où le premier ingénieur débarquera à Marignane, il y aura quelqu'un qui l'attendra, qui parlera sa langue et qui s'occupera de ses problèmes", a lui affirmé le préfet de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur Christian Frémont. Le projet Iter est estimé à 10 milliards d'euros sur 30 ans, dont 4,7 milliards pour la construction sur 10 ans du réacteur. La France s'est dite prête à doubler sa participation financière à 914 millions d'euros, soit 20% du coût de construction.

Posted by Benoît Labit at 16:07 | Comments (0)


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