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Chandigar et Amristar

Que ça fait du bien un bon petit voyage! Ca change de l'excitation de Delhi.

Bon, alors résumons un peu ce qui c'est passé: vendredi Xavier et Romuald, les deux suisses qui devaient m'accompagner se sont chopés une bien belle tourista. Fièvre, vomis et tout le tralala. J'ai dû m'occuper d'eux l'après-midi, les emmener à l'hôpital. Très chouette l'hôpital. Ben ben enfait pas tant que ça, mais il est sur le campus et gratuit pour les étudiants. Le personnel est vraiment super sympa, mais pas très efficace. Et ne parle pas bien anglais. Surtout quand ils sont tous scotchés devant un des pires films d'action bollywoodiens (une vraie horreur...) à la place de s'occuper des urgences, ou encore que le médecin est parti pour un thé.

Mes deux camarades étant vraiment mal en point, je les ai laissé se faire dorloter par les infirmières. Ils sont revenus le soir, bourrés d'antibiotique et plutôt livides. Les autres francophones avaient tous déjà quelque chose de prévu ce week-end ( fumer à manali, glander à delhi...). Vu qu'on avait trois jours de vacances (lundi fête nationale d'indépendance) et que j'avais sérieusement besoin d'un voyage, alors zut me dis-je, je pars tout seul! Quand j'y pense c'est un peu mon premier voyage seul...
Bref, après un long sommeil de plusieurs heures (environ 4), je prends un rikshaw qui se perd dans delhi, et j'arrive une minute avant que le train ne parte! Ouf. Le train n'est pas trop bondé, le paysage est agréable.

Chandigar est une ville... étrange. On dirait un quartier résidentiel américain s'étant fait prendre d'assaut par des indiens. Le mélange est spécial. Un peu d'histoire (j'ai quand même visité le musée de la ville!): lors de l'indépendance, la région à été découpée n'importe comment. D'où les problèmes avec le cachemire. Bref, cet état, le Pendjab, s'est retrouvé séparé de sa capitale. Prenant peur devant la partition injuste, les musulmans fuirent vers la partie au Pakistan, alors que les sihks et hindous se réfugièrent en Inde. Devant cette masse d'immigrant, le premier ministre décida de construire une capitale! Il fit appelle des architectes américains et européens, et même LeCorbusier y participa. En gros, c'est ultra carré, la ville est composé une quarantaine de secteurs, bâtis selon la même logique. Il ne doit pas y avoir plus d'une dizaine de types de maison différents. Pour rendre le tout un peu vivable, il y a une multitude de parcs et de jardins, très bien entretenus. Les maisons commencent un peu à tomber en ruine, les indiens n'aidant pas. Les bâtiments administratifs sont tout droit dans la lignée Corbusier: énormes, massifs et bétonnés.

En arrivant, je me pose dans le Rose Garden, la plus grande roseraie de l'Inde. J'y ai fait sensation, j'avais un joyeux groupe autour de moi alors que je me reposais du voyage et que je feuilletais nonchalamment mon vieux routard.

Je visite les musées locaux, un d'art/histoire et l'autre sus-mentionné sur la ville. Intéressants, instructifs. J'adore particulièrement l'exposition des miniatures indiennes. Il y a une multitude de détails et c'est toujours marrant d'essayer de reconnaître les différents dieux (un peu comme Charlie).

Dernière destination de la journée, le Rock Garden. Nek Chand est un inspecteur de la voirie qui passait son temps à récolter des objets dans la rue et à les assembler afin de construire son monde imaginaire, fantastique et franchement génial. C'est entre l'art brute, naïf et le bucolique. On déambule à travers de petits chemins labyrinthiques (oui, ce mot existe) dans les différentes parties du parc. On y croise des murs entièrement incrustés d'assiettes cassées, des cascades avec des ponts, des figurines et animaux en rang d'onion, des parois de petits cailloux posés délicatement les uns sur les autres... Bref, un bon gros délire, romantique tout plein ( beaucoup de jeunes couples, j'en ai même vu un s'embrasser!!). Le parc était plutôt grand, j'y suis resté plusieurs heures à déambuler gaiement et à prendre des photos. C'est vraiment une des dernières chose que je m'attendais à voir dans cette ville. L'Inde est définitivement pleine de surprises!

Le lendemain je prends le bus pour Amristar. 5H30 de trajet, 110 roupies (moins de 4 francs...), le bus trace bien et s'amuse à dépasser un peu n'importe qui sur la route. Le centre ville est bruyant, pollué et vraiment agressif. Il fait un soleil de plomb, alors je vais faire une petite sieste dans le dortoir d'une petite guest house. J'y rencontre un couple d'espagnols qui me proposent de venir avec eux à la frontière pakistanaise. Chaque soir, il y a une cérémonie célébrée en grandes pompes afin de fêter la (relative) paix entre les deux pays et de fermer la frontière pour la nuit. La meilleure analogie qui me vient en tête est une sorte de match de foot inter hostel, mais avec plusieurs milliers de supporters. Ce sont quand même de grands fanatiques. Mais très disciplinés! Des grands gradins ont été montés et les gens crient sagement, mais avec force et conviction ce que le leader clame. Et applaudissent au bon moment, lorsque les militaires le leur font sentir... De plus, c'était la veille de la fête de l'indépendance et je crois l'anniversaire de ce poste de douane. Bref, il y avait vraiment trop de gens, ça débordait de partout! La petite vidéo montre bien l'ambiance. Les policiers étaient submergés et n'arrivaient plus vraiment à contenir les gens, alors ils envahissaient tous les recoins, se mettant même en plein chemin des types de la cérémonie. Il y a eu un massacre chez nos amies les fleurs qui ont eu le malheur de pousser là où il y avait de la vue.
Le lendemain, je me suis rendu au Golden Temple. C'est le lieu le plus saint des sikhs. D'ailleurs, c'est l'état qui compte le plus grand pourcent de sikhs, ça tombe bien. Bref, je me ballade pieds nus et tête couverte autour de cet énorme temple d'or (recouvert de plus de 750kg de métal précieux!). Tout comme dans celui de Delhi, il y a une énorme cantine gratuite. Il y a des rangées de longs tapis où l'on s'assoit en tailleur l'en à côté (et en face) des autres. Je suis le seul occidental de la cantine (pas plus de 300 personnes) alors je ne me sens pas trop observé. C'était sobre mais très bon (quoique un peu lourd à 10h30 du mat).

Le temps de glander un peu dans la vieille ville, hop, me voilà de retour dans le train, où je vais être tenu au chaud pendant 8 heures. Pas de bol, il est sur bondé cette fois, alors je me fais un peu écraser par un gros monsieur. C'est pas non plus très malin de se mettre à 5 sur une banquette de 3.

J'arrive à Delhi vers 23 heures, bien crevé et je me glisse dans mon lit bien content de mon voyage!
Posted by Olivier Küng on Thursday 18 August 2005 at 19:59