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How to fail?

How to fail ?

Une très bonne suggestion en Aquitaine est de se demander ce qui pourrait faire échouer la S3 ; en tout cas son acceptation par les services de la Commission ; quels  sont les mauvais plans ; how to fail ?

On échouera si :

  • On l’écrit avant ! L’écrire avant signifie que la vision et la connaissance a priori que l’on a du système (connaissances très grandes dans le cas des régions françaises grâce aux politiques publiques récentes) semblent suffire pour écrire la S3 future. L’écrire avant peut se décliner de différentes façons :
  • On se contente de présenter des grands thèmes qui, certes, reflètent effectivement les points forts  et ont l’immense avantage de pouvoir intégrer beaucoup de choses et de régler ainsi pas mal de problèmes politiques. Mais ces thèmes ne reflètent pas la dimension de découverte entrepreneuriale, le degré réel d’implication des entreprises ou la relative proximité au marché.  « Voilà ma S3 : biotech et environnement ; santé et  dépendance ; matériaux avancés et optiques » ; cela ne marchera pas ! Ce qui est décrit ainsi, c’est le point de départ (d’ailleurs incomplet) de l’exercice.
  • On se contente de présenter les points forts de la recherche publique. Or la S3 ne peut être réduite à un outil de renforcement des capacités de recherche publique existantes (pour financer les labo, les équipements, les équipes). La S3 est beaucoup plus largement un outil de développement économique PAR la recherche et l’innovation qui doit associer tous les acteurs dans des projets dont la recherche publique ne sera pas nécessairement le centre.
  • On se contente de recycler les programmes des pôles et des clusters. On peut, certes, espérer quede ces pôles et de ces clusters émergeront des projets forts de découvertes entrepreneuriales associant recherche et entreprises pour explorer un domaine nouveau potentiellement riche en innovation et en croissance ; mais il n’y a pas d’automaticité ; tout dépendra de la vigueur et de la qualité de ces processus de découvertes entrepreneuriales.

On voit qu’une raison essentielle de l’échec  sera dans le fait de présenter l’existant – notamment les points forts de type thématiques, clusters, recherche publique -  sans prêter attention à l’importance de la découverte entrepreneuriale.

Pour ne pas échouer, il faut donc aller au moins un cran au-delà des processus de structuration déjà effectués (en termes de pôles et de clusters), pour identifier ce qui au sein de ces structures peut faire ‘bouger’ le système grâce aux projets de découverte entrepreneuriale qui sont en gestation et qui doivent être stimulés. 

Posted by Dominique Foray on Monday 28 January 2013 at 20:47
Comments
Voilà de quoi susciter des dizaines de commentaires et de réflexion. Déjà on peut remercier Didier et l'Aquitaine !

Je choisis, pour commencer, le recyclage des programmes conduits par les pôles et clusters.

La France aujourd'hui à t elle le choix avec les orientations qui sont proposées sur la politique des pôles de compétitivité, dite 3.0. Même si il est indiqué que les pôles de compétitivité pourront ne pas mettre directement en oeuvre des actions dans les domaines de l'accès au financement privé, de l'internationalisation, de l'accès aux compétences et de l'accompagnement "en raison d'une offre suffisante sur le territoire", je me demande vraiment ce qu'il restera aux autres structures ou pour d'autres initiatives ?

Didier posait la question, "y a t il une vie à coté de la S3 ?" Moi, je me demande s'il y aura une vie à coté des pôles de compétitivité ?
Au delà, on peut se demander s'il y aura encore des crédits pour faire autre chose, ce dont on peut douter de plus en plus sérieusement.
D'ores et déjà, la priorité donnée aux Pôles sonne le glas de bon nombre d'autres clusters qui ne bénéficient pas du divin label.

Ce qui peut mettre, selon moi, un grain de sable dans la belle mécanique envisagée sur l'avenir des pôles de compétitivité réside dans le droit de la concurrence. La DG Regio, la communauté de l'innovation, Dominique Foray en personne, nous tous en fait, pouvons nous trouver sans moyen d'action parce que l'encadrement sur les aides d'Etat à la RDI ne le permettrait pas. On a vu a quel point cela n'était pas un cas d'école avec la "crise" que nous avons connue fin 2011 sur les actions collectives.

Il y a un point de vigilance extrême à avoir si l'on peut pouvoir mettre en oeuvre ce qui ressortira du processus de découverte entrepreneuriale. Le droit de la Concurrence peut bloquer le processus.

Idem pour les pôles de compétitivité qui vivent, à ma connaissance, majoritairement sur des ressources publiques alors que les dispositions sur les "pôles d'innovation" ne le permettent pas plus que quelques années.

J'encourage ceux qui ne l'auraient pas encore fait à se pencher sur l'issue paper de la DG Competition en date du 12.12.12 sur les pistes de modifications de l'encadrement des aides à la RDI (traduction française des lignes de proposition sur demande en MP).
Posted by Frederic Pinna on Thursday 31 January 2013 at 10:34