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Encore sur la recherche publique

Encore sur la recherche publique

En réaction aux commentaires excellents de Frédéric Pinna et Hubert de Rochambeau, je relance le thème de la recherche publique en soulignant que la S3, me semble-t’il, concerne fondamentalement la fameuse troisième mission des universités et des autres institutions publiques ; celle qui a trait au dialogue, aux interactions et aux collaborations avec le monde de l’industrie et des services (au sens large). A long terme bien sûr, toutes les missions sont pertinentes car la dynamique de la S3 se nourrit de nouvelles connaissances (première mission) et de l’offre adéquate des personnes qualifiées dans les nouveaux domaines (deuxième mission). Mais à l’horizon de 5-7 ans, ce qui est primordial pour la S3 est moins la recherche fondamentale dont les éventuelles retombées n’apparaîtront pas avant de très nombreuses années que les programmes et les laboratoires fortement orientés vers des applications et qui constituent à ce titre les partenaires incontournables des processus de découverte entrepreneuriale ; ceux qui doivent se dérouler maintenant.

Je redis aussi, à la suite du commentaire posté par Hubert de Rochambeau (Président du Centre Inra Bordeaux-Aquitaine) que des institutions comme l’INRA me semblent avoir une responsabilité particulière dans la mise en oeuvre des S3 régionales. Qui, face au géant (très) endormi , peut avoir une vision stratégique sur ce qui devrait être fait pour passer à l’agriculture du futur et donc être l’architecte et l’initiateur des projets de découverte entrepreneuriale qui permettraient d’accélérer les transformations souhaitées ? La réponse est dans la question ! Il faut aussi espérer que la compréhension par la Direction de l’INRA de ses responsabilités en la matière permettra de surmonter les obstacles et les écueils bien mentionnés dans le commentaire, notamment ceux qui tiennent à une organisation centralisée de la distribution des compétences et des domaines ; ce qui peut provoquer un déficit de réponse de l’INRA face à des problématiques posées dans telle ou telle région.

Le système des grands organismes de recherche « à la française » (de l’INRA au CEA) est certainement une richesse, à condition que ces organismes apprennent à construire les bons équilibres entre les missions stratégiques d’intérêt national  et celles qui consistent à être au service de l’émergence des systèmes d’innovation locaux (la S3) ; deux missions qui ne sont pas forcément en cohérence, comme on le sait bien ! Faire les bons arbitrages pour concilier une stratégie nationale avec la capacité à répondre aux opportunités locales exige un mode d’organisation très…..smart !

Dominique Foray

Posted by Dominique Foray on Friday 8 February 2013 at 8:04