Cette page appartient aux archives web de l'EPFL et n'est plus tenue à jour.
This page belongs to EPFL's web archive and is no longer updated.

La carte du chercheur d'or ne sert à rien si celui-ci ne fait pas l'effort de creuser!

Au cours de mes escapades en Régions (la dernière en Ile-de-France cette semaine), j’ai apprécié la capacité de chaque Région à inventer sa propre démarche pour identifier ses futurs domaines de priorité ; chacune s’efforçant de suivre l’esprit et la lettre de l’exercice (d’abord analyse structurelle, SWOT, etc. ; puis détection des projets de découvertes entrepreneuriales). Au-delà de la diversité des démarches et des méthodes, on peut  observer grosso modo deux modes opératoires :

Des régions qui sollicitent le monde des entreprises et de la recherche très tôt dans le processus pour collecter de l’information sur les futurs projets ; cette information représentant ensuite la base de l’élaboration de domaines stratégiques ou thématiques.

Des régions qui commencent par un exercice « en chambre » de construction de thématiques sur la base d’évidence systématique (publications, brevets, etc..) avant de solliciter le monde des entreprises et de la recherche concernées par chacune des thématiques identifiées.

Je pense que les deux démarches sont valables. Elles ont chacune des avantages et des inconvénients. La première a le mérite de respecter fidèlement la philosophie (bottom up) de la S3 mais elle a le désavantage d’engendrer une énorme complexité informationnelle. Elle implique un gros travail d’analyse ultérieur et de simplification qui comporte certains risques (voir dans le blog en particulier l’article du 27 Février).

La seconde démarche a le grand mérite de réduire assez rapidement la complexité (ce qui est un point important dans une région comme l’IdF par exemple) mais elle présente le danger de passer à côté de certaines thématiques dont le cadre d’indicateurs et d’évidences systématiques (publication, brevets) ne permet pas l’apparition. Problème pour une S3 qui doit être inclusive !

 

Dans tous les cas, on aboutit à une cartographie des domaines stratégiques. Toutes les régions l’ont faite ! Mais la carte – fort utile bien sûr – ne peut faire office de S3. Le niveau de description des domaines est le plus souvent trop agrégé. Certains domaines – très intéressants sur le papier – ne contiennent en réalité aucune dynamique entrepreneuriale ou bien l’impact des transformations potentielles par la recherche et l’innovation serait très faible pour l’économie régionale.

Il faut donc prendre cette carte pour ce qu’elle est : un outil d’exploration certes bien utile aux chercheurs d’or que nous sommes mais encore insuffisant ! La carte nous indique où il faut creuser ! Sans la carte on creuserait un peu n’importe où et ce serait très peu efficace. Grâce à la carte, on sait à peu près où pourraient se situer les gisements de métal précieux – c’est-à-dire pour nous les projets de découverte entrepreneuriale ou projets d’exploration des pistes de l’innovation (selon la très bonne définition de ce concept, donnée dans le Rapport PO FEDER 2007-2013 en Ile-de-France).

Par exemple (exemple fictif), la carte identifiera le domaine efficience énergétique des bâtiments  et intégration de la filière bois . Le niveau de granulométrie est pertinent et nous indique bien où il faut creuser. Car il faut encore creuser pour détecter les projets, identifier les partenaires, formuler les objectifs d’application à 4 ou 5 ans. Creuser pour définir le projet collectif de découverte entrepreneuriale et d’exploration collective des pistes de l’innovation.

La carte est donc un outil précieux mais pour le chercheur d’or, avoir la carte ne signifie pas la fin de la recherche. Il  ne peut s’en contenter ! Notons aussi que la carte n’est pas le territoire ; tous les domaines importants à explorer sont-ils bien là, dessinés sur la carte ? Ou bien certains auraient-ils échappé à l’analyse car ils restent largement non observables par le biais des indicateurs standards ?

Posted by Dominique Foray on Sunday 26 May 2013 at 17:24