Blog de Philippe Thalmann

La Confédération vous fera cadeau de 18'600 francs si vous achetez une Lamborghini

Quand Madame achète une Fiat Tipo 1.6 Multijet, qui émet 125 gCO2/km, le revendeur doit payer une sanction de 144 francs pour le 1.3 gramme de dépassement par rapport à la valeur cible de 123.7 gCO2/km pour une voiture ne pesant que 1450 kg. Le revendeur peut répercuter cette sanction dans le prix d'achat payé par Madame, pour la "punir" d'avoir acheté une voiture un peu trop polluante.

Quand Monsieur achète une Lamborghini Huracan, qui émet 290 gCO2/km, il n'y a pas de sanction, puisque la limite pour l'importateur de Lamborghini est de 304 gCO2/km en 2019. Si c'était une Fiat avec le même poids et les mêmes émissions, la sanction serait de 18'600 francs. C'est normal: il serait asocial que Monsieur, qui a dû débourser 300'000 francs pour la Lamborghini, soit encore taxé de 18'600 francs. La protection du climat ne peut pas ignorer la justice sociale, on nous le répète assez souvent.

Quelle autre justification à telle discrimination – qui est aussi une discrimination selon le sexe si ce sont bien les femmes qui achètent les Fiat Tipo et les hommes qui achètent les Lamborghini? La Suisse reprend simplement les règles européennes. Je comprends que la Suisse doive reprendre des normes techniques européennes. J'ai pourtant de la peine à voir pourquoi nous devons aussi reprendre ces exceptions tarifaires. Seul avantage: cela nous évite de subir le lobbying qui a permis aux producteurs de voitures de luxe d'obtenir ces faveurs à Bruxelles.

 

https://www.bfe.admin.ch/bfe/fr/home/efficacite/mobilite/prescriptions-concernant-les-emissions-de-co2-des-voitures-de-to/voitures-de-tourisme--vt-/outil-de-calcul-pour-petits-importateurs-vt.html

Posted by Philippe Thalmann at 20:55
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La BNS préfère prêter aux Américains plutôt qu'à l'économie suisse

La Suisse exporte largement plus de biens et de services qu'elle n'en importe. La balance commerciale, qui mesure la différence entre les exportations et les importations, est excédentaire. Ceci a normalement un impact sur le taux de change entre le franc suisse et les autres monnaies du monde. Pour simplifier l'explication, supposons que la Suisse n'exporte que vers les Etats-Unis (notre plus grand excédent commercial: CHF 20 milliards en 2018). Pour acheter ce que nous importons, nous devons échanger nos francs contre des dollars. Pour acheter ce que nous exportons, nos partenaires US doivent échanger des dollars contre des francs. Quand nos exportations dépassent nos importations, cela signifie que les Américains achètent plus de francs que nous ne vendons de francs pour acheter des dollars. La demande de francs dépasse donc l'offre sur le marché franc-dollar, ce qui conduit à une appréciation du franc. Celle-ci a pour effet de rendre les produits libellés en dollars meilleur marché pour nous et les produits libellés en francs plus chers pour les Américains. L'appréciation du franc va donc conduire à la diminution et, à terme, à la disparition de l'excédent des exportations et donc équilibrer nos échanges avec les Etats-Unis.

Ce rééquilibrage de la balance commerciale ne se réalise pas forcément. En effet, les détenteurs de francs n'achètent pas des dollars uniquement pour payer les importations mais aussi pour acheter des actifs (actions, crédits, entreprises, immobilier) aux Etats-Unis. Des épargnants et investisseurs de la zone dollar font l'inverse pour investir en Suisse. Si les investisseurs suisses investissent plus aux USA que les investisseurs US en Suisse, la balance financière est déficitaire. Pour faire simple, cela signifie que plus d'argent sort de Suisse qu'il n'y rentre pour des investissements.

Si le déficit de la balance financière est égal à l'excédent de la balance commerciale, le taux de change peut rester constant (il y a encore d'autres flux de paiements moins importants entre pays, dont je fais abstraction pour simplifier). Dans ce cas, l'excédent de demande de francs lié à l'excédent de nos exportations vers les USA sur nos importations est compensé par le déficit de demande de francs lié au déficit de la demande des investisseurs US pour des actifs suisses par rapport à la demande des investisseurs suisses pour des actifs aux USA.

Un excédent de la balance commerciale compensé par un déficit de la balance financière signifie que les investisseurs suisses prêtent aux Etats-Unis l'argent qui leur permet d'acheter davantage de biens et services suisses que nous n'achetons de leurs B&S.

Après la crise de 2008, les investisseurs suisses sont devenus beaucoup plus réticents à investir à l'étranger, notamment aux USA, alors que les investisseurs de nombreux pays recherchent la sécurité des investissements en Suisse. En même temps, la demande pour nos B&S est restée forte, donc la balance commerciale allait rester largement excédentaire sans changement du taux de change. La forte demande des investisseurs étrangers pour nos actifs et l'excédent soutenu de notre balance commerciale exercent ensemble une forte pression à la hausse sur le franc par rapport au dollar notamment.

Evidemment, les entreprises suisses qui exportent une grande partie de leur production préfèrent que le franc ne s'apprécie pas. Elles ont réussi à convaincre la Banque Nationale Suisse de se substituer aux investisseurs suisses pour acheter des actifs étrangers et provoquer ainsi le déficit de la balance financière nécessaire pour financier l'excédent de la balance commerciale. La BNS a massivement acheté des dollars et autres monnaies pour répondre à l'excédent de demande pour le franc de la part des acteurs privés. Elle a utilisé ces devises pour acheter des actifs aux USA et ailleurs.

On a beaucoup parlé des sommes gigantesques investies par la BNS dans des entreprises de l'industrie fossile, notamment aux Etats-Unis. Ce n'est pas le sujet de mon blog. Plutôt la constatation que la BNS juge compatible avec son mandat légal de prêter des capitaux au reste du monde pour qu'il achète des B&S suisses, alors qu'elle déclare incompatible avec son mandat de prêter des capitaux aux communes, entreprises et particuliers qui souhaitent investir dans la transition énergétique du pays. Evidemment, laisser s'apprécier le franc nuirait à court terme aux entreprises fortement tournées vers les marchés internationaux, mais financer la transition énergétique en Suisse profiterait aux entreprises tournées vers le marché intérieur.

Posted by Philippe Thalmann at 19:44
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Abstentionnisme

Une fois encore, c'est le parti des abstentionnistes qui a gagné les élections ce dimanche. Pour l'expliquer, je pourrais invoquer l'argument favori des économistes: l'avantage de voter – soit la capacité d'orienter le résultat dans le sens qu'on préfère – est si faible, que le moindre coût lié au vote fait pencher la balance en faveur de l'abstention. A quoi bon se donner la peine de voter quand on a une voix parmi cinq millions et demi? Je pense aujourd'hui que ce n'est pas la bonne explication.

L'explication se situe plutôt dans le fait que nous sommes de plus en plus rarement traités comme des citoyens dans notre vie et de plus en plus souvent comme des consommateurs. Les messages de nature commerciale représentent une part croissante de l'information que nous recevons chaque les jours. Des entreprises qui s'enrichissent grâce à leur capacité à nous influencer (Google, Facebook) ou nous servir comme consommateurs (Amazon, Walmart) sont plus riches que la grande majorité des pays de la planète (http://www.globaljustice.org.uk/news/2016/sep/12/10-biggest-corporations-make-more-money-most-countries-world-combined).

Pour les consommateurs que nous sommes devenus avant tout, il est tout à fait légitime de quitter un magasin ou une plateforme web sans avoir rien acheté parce qu'aucun produit ne nous a séduit ou convaincu. L'abstentionnisme, c'est simplement la même attitude dans un contexte où elle est regrettable.

Posted by Philippe Thalmann at 9:16
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Les Suisses s'acharnent à acheter les voitures les plus polluantes

Comme tout le monde le sait, les importateurs de voitures essaient désespérément de nous vendre des voitures à moindre impact environnemental, mais nous insistons pour acheter les modèles les plus motorisés et suréquipés. La preuve? AMAG/Volkswagen Suisse a lancé cet été à coup de grandes affiches jusque dans nos gares une action cumulant des primes à l'achat, par exemple 2'000.- de prime VW plus un bonus premium de 10% pour le modèle Tiguan Highline, permettant d'abaisser son prix de 7'106.- au total. Oups! ce modèle est classé dans la pire catégorie de rendement énergétique (G) pour ses 162 g/km de CO2 émis selon les mesures du constructeur. Si cette voiture était importée directement, sans possibilité de compenser l'excèdent de ses émissions par rapport à la limite légale de 130 g/km par des voitures moins polluantes, l'importateur devrait payer cette année une sanction de 32 x 111.- = 3'552.-. La moitié des rabais accordés par le constructeur et l'importateur. Implicitement, ce modèle de voiture qui va contribuer pendant plus de dix ans à maintenir à leur niveau excédentaire les émissions de CO2 des transports, bénéficie d'une subvention totale par le constructeur et l'importateur de 10'658.-, soit un cinquième du prix. C'est pas ainsi qu'ils vont nous convaincre d'acheter des voitures moins polluantes.

Posted by Philippe Thalmann at 11:15
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La Suisse a pris des mesures pour protéger le climat, mais cela ne se voit pas

Christophe Reymond, directeur du centre patronal vaudois, a bien relevé dans sa contribution d'invité (24 Heures du 18 juin) que nos autorités ont adopté des plans et des lois pour la protection du climat, que des milliers d'entreprises se sont non seulement engagées à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, mais ont pris de réelles mesures et s'empressent de le communiquer urbi et orbi. Mais les jeunes demandent plus. Pourquoi? Parce qu'ils ne voient pas les effets de ces mesures. Ils voient toujours plus de voitures sur nos routes (plus de 300'000 sont immatriculées chaque année, dont 1% de voitures électriques). Ils voient des grues partout sur les chantiers qui continuent de couler du béton. Ils voient des usines avec leurs grandes cheminées. Ils voient des foules qui se pressent dans les aéroports et des avions qui strient le ciel. Une sortie rapide des énergies fossiles ne ressemble pas à cela.

Comment comprendre cette différence entre les chiffres qui suggèrent que la Suisse réduit ses émissions et ces observations qu'il y a de plus en plus de sources d'émissions? Les chiffres sont clairs: les émissions de CO2 de la Suisse ont baissé de 15% entre 2000 et 2017, malgré une hausse de la population de 18% et de l'activité économique de 34% sur la même période. C'est remarquable, mais à ce rythme nous cesserons de brûler des énergies fossiles au siècle prochain, ce qui est beaucoup trop tard. Les résultats des plans, des lois, des engagements des entreprises et de nos efforts individuels sont presque invisibles parce qu'il s'agit surtout de mesures marginales. Les entreprises prennent les mesures pour réduire leur consommation d'énergie qui sont remboursées en quelques années grâce aux économies faites (il leur suffit de prendre les mesures amorties en quatre ans pour être exonérées de la taxe sur le CO2!). Les cimenteries brûlent des vieux pneus à la place de résidus de raffinerie. Les moteurs des voitures deviennent chaque année un peu plus efficients grâce aux efforts faits par les constructeurs hors du pays. Nous avons estimé que les émissions de CO2 de la Suisse se seraient stabilisées malgré la croissance démographique et économique par le seul effet des progrès techniques. La politique climatique et énergétique a juste réussi à transformer cette stabilisation en modeste diminution.

Alors oui, les émissions de CO2 ont commencé à baisser, mais beaucoup moins que ce que le monde attend d'un pays aussi riche et doté du savoir-faire pour devenir un leader de la transition énergétique.

Posted by Philippe Thalmann at 12:57
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A la place de la taxe sur les billets d'avion - des budgets individuels

Trois quarts des membres du PLR qui ont participé au sondage du parti sur sa politique climatique se sont dits, à la surprise générale, favorables à une taxe sur les billets d'avion. Ceci, malgré les réserves contre un tel instrument exprimées par leurs représentants au Conseil national, qui se sont jusqu'ici opposés à cette taxe. Il est pourtant nécessaire de faire quelque chose. La quote-part des émissions de CO2 liées au transport aérien, domestique et surtout international, dans les émissions totales de la Suisse, qui était de 7% en 1990, a presque doublé pour atteindre 12.4% en 2017. Ces émissions représentent 640 kg par habitant en moyenne, bien plus que les émissions de l'industrie par exemple (580 kg).

En fait, cette statistique repose sur les ventes de kérosène dans les aéroports suisses. Elle a donc peu à voir avec les émissions liées aux déplacements en avion à travers le monde de la population suisse. Le microrecensement mobilité et transports chiffre ces déplacements: 9'000 km par personne en 2015. En comptant une valeur moyenne de 150 gCO2/km, cela fait 1,35 tonne CO2 par personne.

Une taxe sur les billets d'avion n'est pas la seule ni peut-être pas la meilleure solution pour décourager les vols frivoles et pour encourager le choix du train pour les voyages en Europe. J'aimerais en proposer une autre: un budget individuel pour les déplacements en avion. Le Parlement fixerait par exemple un budget réduit de 10% pour 2021, soit 8'100 km ou 1,21 tonne CO2 par habitant. Cela représente un vol Zurich-Oslo retour plus un vol Zurich-Le Caire retour en classe économie. Chaque habitant du pays se voit créditer ce contingent ou budget individuel. Ceux qui voyagent plus loin, plus souvent ou en classe business, donc qui dépassent leur contingent, doivent acheter une partie du contingent d'autres personnes qui voyagent moins en avion ou pas du tout. Ceux qui renoncent à tout vol en 2021 pourraient aller deux fois plus loin en 2022, à condition bien sûr de ne pas avoir vendu leur budget 2021. Le système est financièrement neutre. Au lieu de récompenser les "frequent flyers", il récompense ceux qui renoncent à prendre l'avion.

Ces derniers peuvent d'ailleurs faire un geste supplémentaire pour le climat en détruisant leurs contingents inutilisés au lieu de les vendre. On peut même faire encore plus pour le climat en achetant des contingents pour les retirer du marché. Comme ces philanthropes à l'origine du Sierra Club, la grande organisation écologiste nord-américaine, qui ont acheté au 19e siècle de vastes forêts de sequoias géants en Californie pour leur éviter d'être transformés en allumettes.

Sur un plan pratique, la proposition est faisable, puisque les opérateurs de téléphonie mobile enregistrent déjà nos déplacements en avion, même à l'étranger. On ne pourrait donc pas tricher sur son budget en partant d'un aéroport de l'autre côté de la frontière. Pour les cas de force majeure justifiés, on pourrait adapter les budgets individuels. Il y a, bien sûr, encore des questions à régler, par exemple comment prendre en compte les déplacements professionnels et comment éviter la spéculation avec les droits d'émission. Il faudrait aussi créer la plateforme permettant l'échange facile de ces droits.

Peut-être que le PLR, qui préfère généralement ce type de solution de marché aux défis environnementaux, pourrait faire avancer cette proposition…

Posted by Philippe Thalmann at 9:32
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Statt der Flugticketabgabe - individuelle Budgets

Drei Viertel der FDP-Mitglieder, die an der Umfrage zur Klimapolitik der Partei teilgenommen haben, sagten zu aller Überraschung, dass sie eine Flugticketabgabe befürworten. Dies trotz der Vorbehalte ihrer Vertreter im Nationalrat gegen ein solches Instrument. Tatsächlich muss etwas getan werden. Der Anteil der CO2-Emissionen des Luftverkehrs im In- und vor allem im Ausland an den Gesamtemissionen der Schweiz hat sich von 7% im Jahr 1990 auf 12,4% im Jahr 2017 fast verdoppelt. Diese Emissionen betragen im Durchschnitt 640 kg pro Kopf und sind damit deutlich höher als beispielsweise die Industrieemissionen (580 kg).

Tatsächlich basiert diese Statistik auf dem Kerosinverkauf an den Schweizer Flughäfen. Sie hat daher wenig mit den Emissionen des Flugverkehrs rund um die Welt der Schweizer Bevölkerung zu tun. Der Mikrozensus für Mobilität und Verkehr schätzt diese Flüge auf 9'000 km pro Person im Jahr 2015. Bei einem Durchschnittswert von 150 gCO2/km entspricht dies 1,35 Tonnen CO2 pro Person.

Die Flugticketabgabe ist nicht die einzige oder vielleicht auch nicht die beste Lösung, um Reisende von frivolen Ausflügen abzuhalten und um die Wahl des Zuges für Reisen innerhalb Europas zu fördern. Ich möchte einen weiteren Vorschlag machen: ein individuelles Budget für den Flugverkehr. So würde das Parlament beispielsweise ein um 10% reduziertes Gesamtbudget für 2021 festlegen, d.h. 8'100 km oder 1,21 Tonnen CO2 pro Einwohner. Dies entspricht einem Rückflug Zürich-Oslo plus einem Rückflug Zürich-Kairo in der Economy Class. Jeder Bürger erhält ein entsprechendes Kontingent gutgeschrieben. Diejenigen, die häufiger oder weiter oder in der Business Class reisen und damit ihr Kontingent überschreiten, müssen ein Zusatzkontingent von anderen Personen kaufen, die weniger oder gar nicht mit dem Flugzeug reisen. Wer 2021 auf das Fliegen verzichtet, könnte 2022 doppelt so oft oder so weit fliegen, vorausgesetzt, er hat sein Kontingent für 2021 nicht verkauft. Das System ist finanziell neutral. Im Gegenteil der frequent flyer Belohnungssysteme, belohnt es diejenigen, die wenig oder gar nicht fliegen.

Letztere können eine zusätzliche Geste für das Klima machen, indem sie ihre ungenutzten Kontingente zerstören, anstatt sie zu verkaufen. Man kann noch mehr für das Klima tun, indem man Kontingente kauft, um sie vom Markt zu nehmen. Ähnlich den Philanthropen, die den Sierra Club gründeten, die große nordamerikanische Umweltorganisation. Sie hatten im 19. Jahrhundert in Kalifornien riesige Mammutbaumwälder gekauft, um zu verhindern, dass diese Bäume zu Zündhölzern verarbeitet wurden.

In der Praxis ist der Vorschlag machbar, da die Mobilfunkbetreiber unsere Flugreisen bereits jetzt auch im Ausland erfassen. Niemand könnte sein Budget überziehen, indem er von einem Flughafen auf der anderen Seite der Grenze abfliegt. In begründeten Fällen könnten die einzelnen Budgets angepasst werden. Natürlich gibt es noch offene Fragen, z.B. wie Geschäftsreisen zu berücksichtigen sind und wie die Spekulation mit Kontingenten verhindert werden kann. Auch eine Plattform für den einfachen Austausch dieser Kontingente muss geschaffen werden.

Vielleicht könnte die FDP, die diese Art von Marktlösung im Allgemeinen vorzieht, diesen Vorschlag voranbringen...

Posted by Philippe Thalmann at 9:32
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What happened to our car dealers?

You all now the story of the car dealer who sells a brand-new car to a customer who just popped in for a set of hubcaps. Now, this piece of pop culture does not do justice to our car dealers in Switzerland. They are utterly unable to convince their customers to buy fuel efficient cars, even less electric cars. Swiss customers are stubborn. They know exactly what they want when they enter the dealership and they insist on buying expensive oversized limousines with blown up engines and all possible options (the famous 'Swiss edition'). No argumentation of the seller can budge them. That is the only reason why the average fuel efficiency of newly matriculated cars does not decrease, remaining far from the 95 gCO2/km written in the existing CO2 law as the maximum for the end of 2020 (article 10). Even the widening gap between the theoretical emissions used for computing this average and the emissions of real cars (with all those options, including extra-wide tires) under plausible driving conditions does not bring theoretical emissions down. Of course, it does not help them that the car makers keep advertising for large and powerful cars and that the fuel efficiency label grants the maximum A-Grade to oversized cars such as the Land Rover Evoque with its 1.9 tons of empty weight and 113 gCO2/km. For the sake of meeting the CO2 emissions targets set in the law (not even to speak of what is required to slow down global warming), I recommend that the car importers' and sellers' associations train their members in becoming more effective car dealers. That might cost them less than lobbying the Parliament and Administration against stricter fuel efficiency standards.

Posted by Philippe Thalmann at 14:56
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Les jeunes doivent être exemplaires pour le climat mais pas la Suisse!

Les adversaires d'une réduction ambitieuse des émissions en Suisse aiment argumenter qu'ils se préoccupent pourtant bien des changements climatiques, mais que la Suisse peut obtenir beaucoup plus de résultats en encourageant d'autres pays, plus grands et plus pollueurs, à réduire leurs émissions. Ils oublient que ces pays ne se laisseront pas convaincre par un pays qui fait si peu pour réduire ses propres émissions.

Ce sont souvent les mêmes qui reprochent aux jeunes des grèves pour le climat de ne pas assez réduire leurs propres émissions ("ils devraient commencer par renoncer aux vols low-cost…"). Les jeunes devraient être exemplaires pour pouvoir exiger de nous de réduire nos émissions, mais comme pays nous n'avons pas besoin d'être exemplaires pour exiger d'autres pays qu'ils réduisent leurs émissions. Allez comprendre cette logique!

Posted by Philippe Thalmann at 18:36
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Warum ich die Gletscheriniative unterstütze

Journalisten fragen manchmal, wieso ich mich als Wissenschafter für eine politische Initiative engagiere (im wissenschaftlichen Beirat der Gletscherinitiative).

Ich fühle mich manchmal wie auf der Titanic. Meine Kolleginnen und Kollegen der Naturwissenschaften haben erste Eisberge beobachtet, und berechnet, dass das Schiff, so schnell wie es fährt, bei einem grossen Eisberg nicht ausweichen kann. Ich habe die Fahrt des Schiffes analysiert und berechnet, dass es bei einer der Gefahr angemessenen Geschwindigkeit bloss eine Stunde später in New York eintreffen würde. Was sollen wir Wissenschafter tun? In unseren Kabinen bleiben und Berichte verfassen, in der Hoffnung, dass der Kapitän oder einflussreiche Passagiere sie lesen werden und danach handeln?

Ich verfasse schon seit über 20 Jahren Bücher, Artikel und Berichte zur möglichen und mittlerweile notwendigen Klimapolitik (1997: Buch über Umweltabgaben und die ersten Schritte der Schweizer Klimapolitik). Andere Klimaforscher tun es schon viel länger. Trotzdem passiert viel zu wenig.

Die Lage spitzt sich zu. In den 90. Jahren war noch die Rede von voraussehbaren Auswirkungen des Klimawandels in der Schweiz um 2070. Das Mitigationsziel war 2000 Watt Energie und 1 Tonne CO2 (Kohlendioxyd) pro Kopf am Ende dieses Jahrhunderts. Dann kamen der Hitzesommer 2003 und viele andere extreme Wetterereignisse, die die Naturwissenschafter davon überzeugten, dass der Klimawandel schon im Gang war, auch in der Schweiz. Laufend mussten sie zugeben, dass ihre mittleren Prognosen zu optimistisch waren, dass immer das schlimmere Szenario sich realisiert. Z.B.: die Gletscher und die Eischilder von Grönland und der Antarktis schmelzen viel schneller als erwartet. Auf die COP21 in Paris hin (2015) wurde das Emissionsziel von 1 Tonne CO2 pro Kopf auf 2050 vorverlegt, damit die globale Erderwärmung nicht 2° übersteigt. In Paris wurde dann entschieden, dass 2° Erwärmung noch zu viel sind für viele Lebensräume. Der 1.5° Bericht des IPCC von 2018 hat das Emissionsziel deutlich auf Null Emissionen spätestens in 2050 festgelegt. Dieses Ziel hat die Gletscherinitiative übernommen. Ich wäre nicht überrascht, wenn wir bald merken, sogar das genügt nicht, um grosse Gefahren abzuwenden. Einzelne Wissenschafter schreiben schon für 2025 ein totales Aussteigen aus der fossilen Energie vor.

Es muss viel mehr geschehen, um grosse Gefahren abzuwenden.

Wir haben die Wahl zwischen zwei Welten. Eine Welt, die aussieht wir die heutige, nur viel schlimmer was das Klima anbelangt. Etwa wie Australien in den letzten Wochen, wo extreme Überschwemmungen auf extreme Trockenheit und extreme Hitze mit extremen Waldbränden folgen. Und eine andere Welt ohne fossile Energie, in der wir frei von Luftverschmutzung leben, mit viel weniger Strassenlärm, in gut isolierten Gebäuden und überhaupt viel gesünder; eine Welt, wo viel weniger Reichtum in die Erdölländer abwandert und viel weniger Klimaflüchtlinge eine Zuflucht suchen. Ich wünsche meinen Kindern und Enkelkindern diese bessere Welt.

Posted by Philippe Thalmann at 15:48
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