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Suspension des accords Erasmus+ et Horizon 2020 : Ce que ça change pour nous.

Bon, ben voilà. La commission européenne a mis ses menaces à exécution et a suspendu les discussions sur le renouvellement de la participation de la Suisse aux accords Erasmus+ et Horizon 2020, par pures représailles politiques. Nous avons déjà abordé le sujet dans nos prises de positions (voir articles plus bas) et donné notre avis sur ce que certains qualifient de désastre. Mais nous n’avons pas exactement abordé en détail comment nous, étudiants de l’EPFL, allons être affectés :

 

Parlons déjà du programme Erasmus. Pour les deux du fond qui ne savent pas ce que c’est, Wikipedia nous dit : « Erasmus (European Action Scheme for the Mobility of University Students) est le nom donné au programme d'échange d'étudiants et d'enseignants entre les universités et les grandes écoles européennes. Ce programme fait partie de l'Espace Européen de l'Enseignement Supérieur2. C'est un sous-ensemble du programme Éducation et Formation Tout au Long de la Vie (EFTLV)/Lifelong Learning (LLL)3. Le nom du programme vient du moine humaniste et théologien néerlandais Érasme (1469-1536). » C’est donc un programme d’échange universitaire à travers toute l’Europe, auquel l’EPFL participe depuis 2010. Cette année l’EPFL a envoyé 380 étudiants en échange, dont près de 200 en Europe, et en a accueilli 545, dont près de 400 d'Europe.  Même si l’EPFL peut se reposer sur ses partenariats directs avec les autres universités, c’est un sérieux revers infligé à la mobilité de nos étudiants.

 

D’ailleurs, à propos des candidatures un échange Erasmus, la direction et l’AGEPoly recommandent aux étudiants intéressés de continuer normalement le processus. Avec un peu de chance quelqu’un réussira à trouver une solution politique d’ici le 1er Mars (délais de dépôt des candidatures), voir même après...

Mise à jour CDS du 19/02/14 : L'EPFL travaille au maintiens des échanges étudiants en Europe, en substituant les accords Erasmus (au niveau international) aux accords bilatéraux directement entre universités. En combinant ces accords et des financements de la Confédération, l'EPFL estime être en mesure d'assurer un programme d'échange identique pour les étudiants souhaitant partir en Europe (y compris d'un point de vue financier) seul l'aspect administratif serait différent. Ne vous inquiétez donc pas outre mesure sur ce sujet.

Penchons-nous sur le cas d’Horizon 2020. Toujours selon Wikipedia, «Horizon 2020 est le programme européen pour la recherche et le développement pour la période 2014-2020. Il prend la suite du Septième programme-cadre de recherche1,2,3 et du programme pour la compétitivité et l’innovation (CIP 2007 2013) ; il intègre aussi EURATOM et l'IET (Institut européen d'innovation et de technologie). Il est doté d'un budget de 80 milliards d'euros. » Selon plusieurs sources (notamment Patrick Aebischer lui-même dans tout ce que la Suisse compte de médias) l’EPFL reçoit de l’Europe près de 85 millions de Francs, ce qui représente près de 10% du budget total de l’EPFL et pas loin de 40% de celui de la recherche. De très nombreux projets dépendent directement de cet accord, dont le prestigieux Blue Brain Project, dont seul 1/3 du financement (300 millions sur 1 milliard) est actuellement versé. Le reste, ainsi que tous les autres projets de recherches en cours à l’EPFL, sont actuellement remis en cause.

 

On pourrait a priori penser que l’impact sur les étudiants est restreint, mais c’est oublier que le nombre et la qualité des projets de recherche menés à l’EPFL influe directement sur le nombre et la qualité des spécialistes qui viennent travailler à l’EPFL. Or ce sont ces enseignants-chercheurs, par leurs cours ultraspécialisés et leurs projets de pointe, qui assurent la qualité et la renommée de notre formation. La perte de ces fonds risque donc d’entraîner une baisse non seulement de la qualité de la recherche EPFL, mais bien également de la qualité  de la formation EPFL.

 

Voilà en résumé de quelle façon nous, étudiants de l’EPFL, sommes touchés. Même si on peut y voir un hasard du calendrier (puisque ces deux accords sont parmi ceux qui devaient être rediscutés le plus tôt dans le calendrier des relations Suisse-UE) Il est déplorable que la recherche, l’éducation et l’innovation soient les premiers sujets directement affectés par les conséquences du vote du 9 Février. Nous allons tout faire notre possible pour que les dégâts soient les plus limités possibles, et espérons que des accords puissent être trouvés. Ce qui est sûr, c’est qu’on n’a pas fini d’entendre parler de cette histoire…

Posted by Renaud Goupil on Wednesday 19 February 2014 at 10:01